Rendez moi mon arche, Noé est parti
Il était une fois, un peuple au sud de cette terre appelée Afrique. Là où tout avait commencé avec notre ancêtre Toumaï, le malicieux chasseur; et d’où malheureusement était parti le souffle de vie et de fertilité qui avait contribué à rendre prospère les plaines environnantes puis celles au delà des mers et qui avait finalement tant manqué pour faire de ce peuple un peuple prospère.
Lassés d’une souffrance de plus en plus oppressante, les habitants implorèrent le maitre des mondes de leur envoyer le salut, afin qu’ils puissent pour leurs progénitures espérer un meilleur destin que celui qui faisait de leur existence quotidienne un fardeau de plus en plus lourd à porter. L’ancienne du village qui avait vu ses fils mourir de maladie et qui n’arrivait plus à nourrir ses nombreux petit enfants. La mère qui ne savait point lire un traitre mot de ces dessins qui courent sur le papier mais qui savait qu’après les rives se trouvait un espoir pour ses filles et qui était prête à tout pour leur donner une seconde chance. Et le père qui voyait de plus en plus les contraintes du chef l’empêcher d’agrandir sa plantation pour nourrir sa famille et leur offrir des cadeaux. Tous attendaient le signe venant du ciel qui apporterait une solutions à tous leurs tracas.
Et c’est ainsi qu’un jour de marché, à l’aube, le signal tant attendu prit forme. Ils virent au loin approcher “l’arche du salut“. les anciens contaient qu’autrefois par une période de pluie, Ils avaient pu échapper à une mort certaine grâce aux conseils du sage du village qui avait fait construire la grande arche en bois. Il avait prédit qu’une autre viendrait mais cette fois du ciel et que tous la reconnaitraient au bruit assourdissant de ses ailes et à la vitesse avec laquelle elle fendait le ciel. Ils sortirent donc pour être témoins de ce signe et bientôt sur la grande place du village noire de monde se trouvait réunie l’ensemble de la population.
Lorsque L’ARCHE toucha le sol, et qu’elle se fut immobilisée, ils virent sortir des êtres “blancs”, couleur du ciel, couleur de spiritualité qui vinrent à eux. Ils avaient un message. Ils étaient forts et pleins de promesses. Ils étaient aussi très mystérieux dans leur manière de faire. Ils s’installèrent avec eux et bientôt les malades reprirent des forces, les enfants commencèrent à déchiffrer les dessins secrets des livres. le sourire fut bientôt présent sur les visages tant ils déployèrent ardeur et persévérance dans leurs missions. Chaque soirée au clair de lune était le moment pour chacun de se remémorer à quel point les choses commençaient à changer depuis que L’ARCHE était de retour.
Pourtant, un matin, les envoyés de L’ARCHE proposèrent de repartir avec quelques uns des enfants. Ils demandèrent pour cela les enfants qui n’avaient plus ni père, ni , ni mère, ni famille. la nouvelle se répandit dans le village et pendant que chacun y allait de son analyse, les idées les plus étranges commencèrent à nourrir dans les têtes. L’ancienne y vit là le seul espoir pour ses petits enfants. La mère envisagea de renier ses filles pourvu qu’elles partent loin réussir leur vie. Le père pensa lui aussi envoyer le dernier de ses fils, celui en qui il fondait tant d’espoirs mais qui n’avait pas encore assez de force pour supporter les dures heures de labeur de la plantation. Même le petit malin du village pensa lui aussi aller chercher dans le village voisin les fils de ses amis d’enfance. Peut être qu’il serait récompensé par ses envoyés, surtout avec des pièces de monnaie qui pourraient lui faire oublier pendant un bon moment le trajet qui mène à la plantation. La nuit dans les foyers, le village n’était que chuchotements et murmures inaudibles trahissant l’émoi qui gagnait chaque case.
Puis un matin alors que chacun avait pris sa décision, la nouvelle tomba comme un coup de tonnerre. Les envoyés s’étaient brouillés avec le grand chef. Il ne voulait pas voir une fois encore son village se vider de ses enfants, et qui plus est à bord d’une machine aussi terrible que cette ARCHE; Les enfants ne partiraient plus vivre cette vie encore inconnue. Tout le monde se demanda alors. Ils n’avaient peut être pas tout dit. Peut être que personne n’avait vraiment tout dit comme ses murmures qui sillonnaient les cases. La méfiance et le désespoir reprirent droit de cité et pendant que les familles accouraient récupérer “leurs orphelins”, pendant que les moins chanceux des enfants voyaient se confirmer la malédiction supposée les suivre depuis leur naissance et qui ne les mènerait jamais à rien; les derniers orphelins se retrouvèrent abandonnés sur la grande place du village, livrés à eux mêmes, abandonnés de tous.
Une nouvelle bataille venait de démarrer, celle du châtiment à appliquer à l’équipage de L’ARCHE pour avoir voulu tromper les habitants avec leurs mots gentils. Mais était il possible qu’ils ne soient pas aussi gentils qu’ils l’aient laissé paraitre; pouvait on vraiment simuler des heures de patience à soigner et à jouer avec les enfants, à donner de l’éducation et des conseils aux femmes et aux enfants. la situation était encore plus délicate et incompréhensible que certains des envoyés eux mêmes semblaient surpris par la tournure prise par les évènements. Sur ordre du chef, ils furent arrêtés et jugés. Le sage du village proposa cependant de les renvoyer chez eux cependant car s’ils étaient les envoyés chargés de faire le bien, que se passerait il si le maitre des mondes décidait d’envoyer une équipe chargée de punir le village pour avoir osé faire arrêter ses missionnaires. les récits de ce genre d’expédition étaient si terribles que même les anciens hésitaient à les raconter les soirs de pleine lune, quand tous ensemble ils évoquaient la grandeur passée du monde.
la crainte du châtiment fut la plus forte. Pour pour ne pas attirer sur le village la foudre de leur maitre, les passagers de “L’ARCHE DU SALUT” furent donc remis à bord et le peuple assista impuissant à leur départ. On n’en entendit plus jamais parler et la vie au village reprit son cours normal. Le seul témoignage de cette expérience inoubliable reste les enfants qui attendent encore le sort qui leur sera réservé, assis là au pied de l’arbre à palabres.
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